Lacosamide

Antiépileptique de troisième génération pour le traitement des crises focales

Le lacosamide est un antiépileptique de troisième génération approuvé dans l'Union européenne en 2008 sous le nom commercial Vimpat. Il appartient au groupe des acides aminés fonctionnalisés et possède un mécanisme d'action double et unique qui le distingue des antiépileptiques plus anciens avec blocage des canaux sodiques. Le lacosamide est disponible sous forme de comprimé pelliculé, solution buvable et solution pour perfusion, permettant son utilisation aussi bien en traitement ambulatoire prolongé qu'en situation d'urgence clinique.

Le lacosamide est utilisé pour traiter les crises épileptiques focales avec ou sans généralisation secondaire, en monothérapie et en traitement adjuvant. Chez les adultes à partir de 16 ans, il est approuvé en monothérapie ; chez les enfants à partir de 4 ans ainsi que de 2 à 4 ans (avec un poids d'au moins 11 kg), il peut être utilisé en traitement adjuvant.

Mécanisme d'action

Le lacosamide agit via deux mécanismes complémentaires sur les canaux sodiques dépendants du voltage (Nav). Premièrement, il provoque une inactivation lente de ces canaux en se liant sélectivement à l'état d'inactivation lente du canal Nav et en le stabilisant. Les bloqueurs conventionnels des canaux sodiques tels que la carbamazépine ou la lamotrigine stabilisent en revanche l'état d'inactivation rapide. La promotion sélective de l'inactivation lente réduit la dépolarisation soutenue des neurones sans altérer significativement la transmission synaptique normale.

Deuxièmement, une interaction du lacosamide avec la protéine médiatrice de la réponse à la collapsine 2 (CRMP-2) a été décrite. La signification fonctionnelle de cette interaction pour l'effet antiépileptique fait encore l'objet de recherches.

Le résultat des deux mécanismes est une stabilisation des neurones hyperexcitables et une réduction des décharges neuronales ectopiques qui sous-tendent les crises épileptiques.

Indications

  • Crises focales (avec ou sans généralisation secondaire) : Monothérapie chez les adultes et adolescents à partir de 16 ans ; traitement adjuvant chez les adultes et enfants à partir de 4 ans
  • État de mal épileptique (crise focale) : Administration intraveineuse comme alternative aux benzodiazépines
  • Hors AMM : Douleurs neuropathiques, vascularites douloureuses

Posologie et administration

Adultes : Dose initiale 50 mg deux fois par jour ; après 1 semaine, augmentation à 100 mg deux fois par jour. Nouvelle augmentation par paliers de 50 mg par dose par semaine jusqu'à la dose quotidienne maximale de 300 mg deux fois par jour (600 mg/jour). Administration intraveineuse : Même posologie que par voie orale ; durée de perfusion 15 à 60 minutes.

Le lacosamide peut être pris indépendamment des repas. Une réduction de dose ou une vigilance particulière est nécessaire en cas d'insuffisance rénale ou hépatique sévère. L'arrêt du lacosamide ne doit jamais être brutal ; une réduction progressive sur au moins 4 semaines est recommandée.

Effets indésirables

Très fréquents : Vertiges, céphalées, nausées, diplopie. Ces effets dose-dépendants surviennent particulièrement en début de traitement.

Fréquents : Troubles de l'équilibre, ataxie, vision floue, vomissements, fatigue, troubles de la mémoire, tremblements, nystagmus, bouche sèche.

Effets cardiaques : Le lacosamide peut provoquer un allongement de l'intervalle PR pouvant entraîner des blocs auriculo-ventriculaires. Un ECG avant le début du traitement est recommandé chez les patients à risque.

Rares : Idées suicidaires, agranulocytose, élévation des enzymes hépatiques, réactions cutanées sévères.

Interactions médicamenteuses

Le lacosamide présente un profil d'interaction favorable car il n'est que peu métabolisé via CYP2C19 et n'a guère d'effet inducteur ou inhibiteur sur les enzymes CYP.

  • Substances allongeant l'intervalle PR : Risque additif de troubles de la conduction AV
  • Inducteurs puissants du CYP3A4 : Peuvent réduire les taux plasmatiques de lacosamide
  • Alcool : Potentialisation des effets sédatifs et du système nerveux central

Remarques particulières

Antécédents cardiaques : Le lacosamide doit être utilisé avec une prudence particulière chez les patients présentant un bloc AV de deuxième ou troisième degré connu.

Grossesse : Les données disponibles sur l'utilisation du lacosamide pendant la grossesse sont limitées. Le traitement existant ne doit pas être interrompu sans avis médical.

Aptitude à conduire : Le lacosamide peut provoquer des vertiges et une diplopie susceptibles d'altérer l'aptitude à conduire.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui distingue le lacosamide des autres bloqueurs des canaux sodiques ?

Le lacosamide stabilise sélectivement l'état d'inactivation lente des canaux sodiques, permettant une inhibition plus ciblée des neurones déchargeant de manière pathologique continue, contrairement à la carbamazépine ou la phénytoïne qui agissent sur l'inactivation rapide.

Le lacosamide peut-il être pris à jeun ?

Oui, le lacosamide peut être pris indépendamment des repas, l'alimentation n'influençant pas significativement la résorption.

Combien de temps le lacosamide doit-il être pris ?

La durée du traitement dépend de l'évolution individuelle de l'épilepsie et est déterminée par le neurologue traitant.

Sources

  • Résumé des caractéristiques du produit Vimpat (UCB Pharma), version 2024
  • Société Allemande de Neurologie (DGN) : Recommandations S1 épilepsies de l'adulte, 2023
  • Agence Européenne des Médicaments (EMA) : EPAR Vimpat
  • Errington AC et al. : Molecular Pharmacology, 2008
  • Institut Fédéral des Médicaments et Dispositifs Médicaux (BfArM) : Monographie lacosamide