Buprobion : variante orthographique de l'antidépresseur bupropion
« Buprobion » est une variante orthographique courante du principe actif bupropion. La forme correcte est bupropion (noms commerciaux Wellbutrin, Elontril, Zyban), un inhibiteur de la recapture de la noradrénaline et de la dopamine (NDRI). La confusion vient d'une inversion des lettres. Pharmacologiquement, il s'agit du même principe actif.
Le bupropion a été approuvé aux USA en 1989, puis en Europe pour la dépression. Pour le sevrage tabagique (Zyban), il est établi depuis 1997. Comparé aux ISRS, il a un profil différent : moins de troubles sexuels, moins de prise de poids, plutôt stimulant, mais davantage de troubles du sommeil et un risque accru de convulsions.
Mécanisme d'action
Le bupropion et son métabolite actif hydroxybupropion inhibent la recapture de la noradrénaline et de la dopamine au niveau présynaptique. Contrairement aux ISRS, il n'a pas d'effet pertinent sur la sérotonine. D'où des effets cliniques caractéristiques :
- Effet antidépresseur centré sur l'élan, la concentration et l'anhédonie
- Réduction de l'envie de nicotine et des symptômes de sevrage via la composante dopaminergique
- Moindre impact sur la fonction sexuelle et le poids
- Antagonisme nicotinique faible, contribuant probablement au sevrage tabagique
Métabolisé par le foie via le CYP2B6. Plein effet antidépresseur après 2 à 4 semaines.
Indications
- Dépression majeure : traitement aigu et d'entretien, surtout en cas de baisse d'élan, d'apathie ou de troubles sexuels sous ISRS
- Sevrage tabagique : en association à des interventions comportementales, particulièrement efficace chez les fumeurs très dépendants
- Trouble affectif saisonnier (TAS) : autorisé dans certains pays, efficace en études
- Hors AMM : TDAH chez l'adulte, dysfonction sexuelle sous ISRS (potentialisation), obésité (association naltrexone-bupropion), réduction des symptômes négatifs de schizophrénie
Posologie et administration
Dépression majeure (bupropion XR) : début à 150 mg le matin, après 1 semaine augmentation à 300 mg le matin.
Sevrage tabagique (Zyban) : 150 mg le matin pendant 6 jours, puis 150 mg deux fois par jour à au moins 8 heures d'intervalle. Début 1 à 2 semaines avant la date d'arrêt, durée 7 à 9 semaines.
Dose maximale : 300 mg/jour avec les formes prolongées, 400 mg en exception.
Prise le matin, ou le matin et l'après-midi en deux prises, pour limiter les troubles du sommeil. Les comprimés à libération prolongée ne se divisent ni se croquent.
Patients à risque convulsif accru : ne pas dépasser 300 mg/jour, préférer la forme prolongée.
Effets indésirables
Très fréquents : troubles du sommeil, sécheresse buccale, céphalées, nausées, vertiges, tremblements, transpiration.
Fréquents : constipation, troubles du goût, acouphènes, éruption, prurit, tachycardie, hypertension, troubles de la concentration, irritabilité, anxiété.
Peu fréquents : convulsions (dose-dépendantes, environ 0,1 % à la dose standard), symptômes psychotiques, hallucinations, sensations de dépersonnalisation.
Rares et très rares : syndrome de Stevens Johnson, anaphylaxie, hépatite, idées suicidaires, syndrome sérotoninergique en cas d'association à des sérotoninergiques.
Sécurité :
- Abaisse le seuil convulsif : contre-indiqué en épilepsie, boulimie, anorexie, sevrage alcoolique ou aux benzodiazépines
- Surveillance des idées suicidaires les premières semaines, surtout chez les jeunes
- En hypertension, contrôle régulier de la TA, le bupropion pouvant l'augmenter
- En symptômes psychotiques aigus, suspendre le traitement
Interactions
- IMAO : risque de crise hypertensive, association contre-indiquée ; intervalle minimum 14 jours
- Substrats du CYP2D6 (métoprolol, codéine, tamoxifène, tricycliques, antipsychotiques) : hausse des concentrations par inhibition du CYP2D6 ; prudence ou ajustement
- Inhibiteurs et inducteurs du CYP2B6 : variations des concentrations
- Autres sérotoninergiques : association possible mais surveillance étroite
- Alcool : risque convulsif accru
- Lévodopa, amantadine : effets dopaminergiques additifs, possibles symptômes psychotiques
Précautions particulières
Grossesse : données limitées, à éviter au 1er trimestre si possible. Cliniquement nécessaire : jugement individuel.
Allaitement : faible passage dans le lait, décision individuelle possible.
Contre-indications : épilepsie, antécédents de boulimie ou anorexie, sevrage aigu d'alcool ou de benzodiazépines, IMAO concomitants, cirrhose hépatique sévère.
Patients âgés : sensibilité accrue, doses initiales faibles.
Insuffisance rénale et hépatique : ajustement, en cirrhose sévère maximum 150 mg un jour sur deux.
Stratégie de sevrage tabagique : le bupropion est l'un des piliers. Associé à un suivi comportemental et éventuellement à un substitut nicotinique, le taux de réussite augmente nettement. Objectif réaliste : doubler les taux d'abstinence à 12 mois face au placebo.
Communication patient : l'effet stimulant peut être perçu paradoxalement comme agitation ou insomnie au début. Une information honnête sur les premières semaines, les variations d'humeur et le risque convulsif renforce la confiance et l'observance.
Substances apparentées
- Bupropion, graphie correcte du principe actif
- Agomélatine, antidépresseur mélatoninergique
- Desvenlafaxine, IRSN
- Paroxétine, ISRS de profil différent
- Buspirone, anxiolytique en potentialisation
Questions fréquentes
Buprobion ou bupropion ?
La forme correcte est bupropion. Buprobion est une variante courante, vraisemblablement due à une inversion de lettres. Les deux désignent le même principe actif.
Le bupropion provoque-t-il des troubles sexuels ?
Beaucoup moins que les ISRS. Les études montrent même une légère amélioration sous bupropion. Il est donc souvent utilisé en alternative ou en potentialisation en cas de troubles sexuels sous ISRS.
Quel risque convulsif ?
Environ 0,1 % à la dose standard de la forme prolongée. Plus élevé en cas d'antécédent d'épilepsie, de boulimie, d'anorexie ou avec des substances abaissant le seuil. Indication stricte requise.
Quand commencer pour le sevrage tabagique ?
1 à 2 semaines avant la date d'arrêt prévue, en titration sur 7 à 9 semaines. L'association à une thérapie comportementale et éventuellement à un substitut nicotinique augmente la réussite.
Sources
- EMA Agence européenne des médicaments
- BfArM Institut fédéral des médicaments et dispositifs médicaux
- Recommandations AWMF dépression et sevrage tabagique
- Gelbe Liste monographie bupropion
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