Donépézil : Inhibiteur de l'Acétylcholinestérase pour la Maladie d'Alzheimer

Le donépézil (Aricept) est un inhibiteur sélectif et réversible de l'acétylcholinestérase (AChE) utilisé dans le traitement symptomatique de la maladie d'Alzheimer. Il améliore la neurotransmission cholinergique en empêchant la dégradation de l'acétylcholine.

Traitement symptomatique de première intention à tous les stades de la maladie d'Alzheimer (léger, modéré et sévère). Ne stoppe pas la progression mais ralentit le déclin cognitif.

Mécanisme d'action

Inhibe de manière réversible l'acétylcholinestérase dans la fente synaptique, augmentant la disponibilité de l'acétylcholine. Compense la perte de neurones cholinergiques dans la MA. N'agit pas sur la pathologie amyloïde ou tau sous-jacente.

Indications

Maladie d'Alzheimer légère à modérée et sévère. Hors AMM : démence vasculaire, démence à corps de Lewy, démence de la maladie de Parkinson.

Posologie

Débuter à 5 mg/j au coucher. Après 4–6 semaines, augmenter à 10 mg/j si bien toléré. Dans la MA sévère, 23 mg/j (formulation spéciale) est possible. Administration au coucher pour réduire les effets GI.

Effets indésirables

Fréquents : nausées, vomissements, diarrhée, crampes musculaires, insomnie, rêves intenses. Souvent transitoires (1–2 semaines). Bradycardia (effet vagotone) — prudence en cas de troubles de conduction.

Interactions

Anticholinergiques : antagonisme pharmacodynamique — éviter. AINS/aspirine : risque accru de saignement GI. Bêtabloquants : bradycardia additive. Inducteurs CYP3A4/2D6 : réduction des taux.

Contre-indications

Hypersensibilité aux dérivés pipéridiniques. Prudence en cas de syndrome du nœud sinusal, de troubles de conduction, d'ulcère gastroduodénal actif, d'asthme/BPCO, d'antécédents de convulsions.

Questions fréquentes

Le donépézil guérit-il Alzheimer ?

Non. Le donépézil est symptomatique — il compense la perte d'acétylcholine mais ne stoppe pas la neurodégénérescence. Il peut ralentir le déclin fonctionnel de 6 à 12 mois chez certains patients.

Pourquoi le prendre le soir ?

Pris au coucher, les effets indésirables gastro-intestinaux surviennent pendant le sommeil. De plus, le médicament est métabolisé la nuit, fournissant des taux stables en journée.

Combien de temps faut-il continuer ?

Tant que le patient en bénéficie et le tolère, même en MA sévère. Un arrêt brutal peut provoquer un déclin fonctionnel rapide — réduire progressivement si arrêt nécessaire.

Références

  • HAS Recommandations maladie d'Alzheimer 2023
  • RCP Aricept EMA 2023
  • Birks JS, Harvey RJ. Cochrane 2018

Avertissement médical : Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.