Pérazine: Antipsychotique Phénothiazine à Faible Potentiel pour la Schizophrénie

La pérazine est un antipsychotique de première génération (typique) appartenant à la classe chimique des phénothiazines. Elle est utilisée dans les pays germanophones et certaines régions d'Europe pour le traitement de la schizophrénie et de l'agitation psychomotrice. Comparée aux phénothiazines et butyrophénones de haute puissance comme l'halopéridol, la pérazine est caractérisée par une puissance antipsychotique plus faible et un profil d'effets secondaires différent avec relativement moins d'effets extrapyramidaux.

La pérazine occupe une niche dans la pratique psychiatrique comme antipsychotique typique de puissance intermédiaire avec des propriétés sédatives pouvant être utiles chez les patients agités.

Mécanisme d'action

Comme tous les antipsychotiques de première génération, la pérazine exerce ses effets thérapeutiques principalement en bloquant les récepteurs dopaminergiques D2 dans la voie mésolimbique du cerveau, réduisant les symptômes psychotiques positifs tels que les hallucinations et les délires. En tant que phénothiazine à faible puissance, la pérazine présente également un antagonisme significatif aux récepteurs muscariniques de l'acétylcholine (effets anticholinergiques), aux récepteurs histaminiques H1 (sédation, prise de poids) et aux récepteurs adrénergiques alpha-1 (hypotension orthostatique).

Indications

La pérazine est approuvée pour le traitement de la schizophrénie et des troubles psychotiques apparentés. En milieu aigu, elle est utilisée pour l'agitation psychomotrice, les comportements agressifs et les épisodes psychotiques aigus. Les propriétés sédatives la rendent utile dans la gestion de l'agitation aiguë lorsqu'une tranquillisation rapide est nécessaire.

Posologie et administration

La posologie orale pour la schizophrénie va généralement de 75 à 600 mg par jour en doses fractionnées, avec la dose sédative souvent donnée le soir. Les doses supérieures à 600 mg par jour ne sont pas recommandées. Pour l'agitation aiguë, l'administration intramusculaire peut être utilisée en milieu hospitalier. La dose doit être titrée individuellement selon la réponse et la tolérance.

Effets indésirables

La sédation est prononcée, particulièrement en début de traitement. Les effets anticholinergiques comprennent la sécheresse buccale, la constipation, la rétention urinaire, la vision floue et les troubles cognitifs. L'hypotension orthostatique avec vertiges et risque de chute est une préoccupation, notamment chez les personnes âgées. Les effets extrapyramidaux surviennent à des taux plus faibles qu'avec l'halopéridol. Les effets métaboliques incluant la prise de poids et l'intolérance au glucose sont moins prononcés qu'avec certains antipsychotiques atypiques. L'allongement du QTc a été rapporté.

Interactions

L'utilisation concomitante avec d'autres dépresseurs du SNC augmente significativement la sédation. Les médicaments anticholinergiques combinés à la pérazine peuvent causer un syndrome anticholinergique sévère. Les médicaments prolongeant le QTc doivent être évités ou utilisés avec une surveillance ECG. La carbamazépine peut réduire les niveaux plasmatiques de pérazine.

Remarques particulières

La pérazine est un médicament sur ordonnance utilisé sous surveillance psychiatrique. Elle ne doit pas être utilisée chez les patients avec un allongement du QTc connu sans surveillance cardiaque soigneuse. Le médicament doit être utilisé avec prudence chez les patients épileptiques car il abaisse le seuil convulsif. Le syndrome malin des neuroleptiques (SMN) est une complication rare mais potentiellement mortelle.

Questions fréquentes

En quoi la pérazine diffère-t-elle de l'halopéridol?

L'halopéridol est un antipsychotique de haute puissance avec des effets anticholinergiques et sédatifs minimaux mais un risque élevé d'effets extrapyramidaux. La pérazine est un agent de puissance moindre avec plus de sédation et d'effets anticholinergiques mais moins de réactions extrapyramidales à des doses antipsychotiques équivalentes.

Qu'est-ce que la dyskinésie tardive et comment est-elle associée à la pérazine?

La dyskinésie tardive (DT) est un trouble du mouvement caractérisé par des mouvements involontaires répétitifs, typiquement du visage, des lèvres et de la langue, causé par le blocage prolongé des récepteurs dopaminergiques. Tous les antipsychotiques de première génération incluant la pérazine comportent un risque de DT avec un traitement prolongé.

La pérazine peut-elle être utilisée chez les patients âgés?

La pérazine doit être utilisée avec une prudence particulière chez les patients âgés en raison de la sédation prononcée, de l'hypotension orthostatique conduisant aux chutes, des effets anticholinergiques causant un délirium et d'une rétention urinaire, et d'une sensibilité accrue aux effets extrapyramidaux. Tous les antipsychotiques portent un risque accru d'AVC et de décès chez les patients âgés avec une psychose liée à la démence.

Sources

  • DGPPN S3-Leitlinie Schizophrenie 2022
  • Stahl SM: Psychopharmacologie essentielle 4e éd.
  • Fachinformation Perazin-neuraxpharm, aktueller Stand