Propranolol : Bêtabloquant Non Sélectif
Le propranolol est un bêtabloquant non sélectif (bêta-1 et bêta-2) aux nombreuses indications : hypertension, angor, arythmies, tremblement essentiel, migraine (prophylaxie), anxiété situationnelle et hyperthyroïdie.
L'un des plus anciens bêtabloquants, le propranolol est très liposoluble, franchit la barrière hémato-encéphalique et n'a pas d'activité sympathomimétique intrinsèque.
Mécanisme d'action
Antagonisme compétitif des récepteurs bêta-1 et bêta-2 adrénergiques. Le blocage bêta-1 réduit la fréquence cardiaque et le débit. Le blocage bêta-2 provoque une bronchoconstriction (limitant l'usage en asthme/BPCO). La liposolubilité élevée permet la pénétration centrale.
Indications
Hypertension, angor, arythmies (FA, TSV), tremblement essentiel, prophylaxie de la migraine, anxiété situationnelle (trac), thyrotoxicose, cardiomyopathie hypertrophique obstructive, hypertension portale.
Posologie
HTA : 40–80 mg deux fois/j ou 80–160 mg/j (forme LP). Migraine : 80–160 mg/j. Tremblement : 40 mg deux fois/j. Titration progressive ; pas d'arrêt brutal.
Effets indésirables
Fréquents : fatigue, extrémités froides, bradycardie, dysfonction sexuelle, cauchemars. Bronchospasme. Masquage des signes hypoglycémiques chez le diabétique.
Interactions médicamenteuses
Vérapamil/diltiazem IV : bradycardie sévère et BAV — contre-indiqués. AINS : réduction de l'effet antihypertenseur. Antidiabétiques : masquage hypoglycémie. Inhibiteurs CYP2D6 : augmentation des taux.
Contre-indications
Asthme/hyperréactivité bronchique, insuffisance cardiaque décompensée, bradycardie sévère, BAV 2/3, choc cardiogénique, phéochromocytome non traité.
Foire aux questions
Peut-on prendre du propranolol pour l'anxiété ?
Oui — largement utilisé pour l'anxiété situationnelle (trac, prises de parole). Il réduit les symptômes périphériques (tremblements, palpitations) sans sédation ni effet cognitif.
Pourquoi ne pas arrêter le propranolol brutalement ?
L'arrêt brutal peut provoquer une tachycardie et une hypertension rebond, et chez les coronariens, déclencher un angor instable ou un infarctus. Toujours diminuer progressivement sur 1–2 semaines.
Pourquoi le propranolol est-il contre-indiqué dans l'asthme ?
Le blocage des récepteurs bêta-2 bronchiques provoque une bronchoconstriction pouvant déclencher un bronchospasme potentiellement fatal chez l'asthmatique.
Références
- ESC Recommandations arythmies
- Propranolol dans le tremblement essentiel — Cochrane
- Vidal — Propranolol
Avertissement médical : Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.