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Tizanidin : efficacité dans la spasticité et les contractures musculaires

La tizanidine (noms commerciaux Sirdalud, Sirdalud MR ainsi que génériques) est un myorelaxant à action centrale appartenant à la classe des dérivés imidazoliniques. Elle exerce son action en tant qu'agoniste des récepteurs alpha 2 adrénergiques au niveau de la moelle épinière, atténue les réflexes polysynaptiques et réduit ainsi l'augmentation du tonus musculaire spastique. En Allemagne, la tizanidine est autorisée pour le traitement de la spasticité dans les maladies neurologiques et les contractures musculaires douloureuses. En pratique clinique, elle est prescrite principalement en cas de sclérose en plaques, après accident vasculaire cérébral, en cas de lésion médullaire et en cas de contractures chroniques douloureuses.

La tizanidine constitue une option pertinente pour les patients qui ne tolèrent pas le baclofène ou chez lesquels le baclofène n'est pas suffisamment efficace. Comparée au baclofène, la tizanidine agit moins sur la force musculaire squelettique périphérique, ce qui est apprécié chez les patients ayant des restrictions de mobilité. En revanche, elle entraîne une somnolence marquée, une hypotension et un potentiel d'interaction via CYP1A2, qui doit être examiné attentivement lors de la coadministration.

Mécanisme d'action

La tizanidine se fixe au niveau du système nerveux central sur les récepteurs alpha 2 adrénergiques en présynaptique, principalement dans la partie dorsale de la moelle épinière. Cela réduit la libération d'acides aminés excitateurs comme le glutamate et l'aspartate à partir des terminaisons présynaptiques. Il en résulte une inhibition des réflexes polysynaptiques responsables de l'augmentation du tonus spastique. Contrairement au baclofène, qui stimule principalement les récepteurs GABA B, la tizanidine n'agit pas directement au niveau des synapses inhibitrices, mais atténue la transmission excitatrice.

L'action s'établit rapidement, l'effet maximal survenant environ une à deux heures après administration orale. La demi-vie est d'environ deux à quatre heures, c'est pourquoi le dosage habituel est réparti sur trois à quatre prises par jour. Une forme retard offre une durée d'action prolongée et une prise unique.

Le métabolisme s'effectue principalement au niveau hépatique via CYP1A2 en métabolites inactifs, qui sont éliminés par voie rénale. CYP1A2 présente une variabilité génétique et réagit sensiblement aux inhibiteurs, ce qui peut entraîner des fluctuations importantes des concentrations en cas de polypharmacologie. Le tabagisme induit également CYP1A2 et peut réduire l'efficacité.

Indications

  • Spasticité dans la sclérose en plaques, réduction du tonus avec préservation de la force musculaire
  • Spasticité après accident vasculaire cérébral, notamment en phase de réadaptation subaiguë
  • Spasticité suite à lésion médullaire, tant en cas de tétraplégie que de paraplégie
  • Contractures musculaires douloureuses, par exemple dans les douleurs lombaires chroniques, utilisation à court terme et en complément de la physiothérapie
  • Céphalée de tension et syndrome cervical en traitement de deuxième ligne en cas d'inefficacité d'autres mesures

La tizanidine n'est pas destinée au traitement aigu de la spasticité grave en situation d'urgence. En cas de spasticité menaçant le pronostic vital, d'autres moyens sont utilisés comme le diazépam intraveineux ou le baclofène intrathécal.

Posologie et mode d'administration

Initiation : 2 mg trois fois par jour ou 4 mg au coucher. Augmentation progressive de 2 à 4 mg tous les trois à sept jours selon l'effet et la tolérance.

Dose d'entretien dans la spasticité : généralement 12 à 24 mg par jour répartis en trois à quatre prises. Maximum 36 mg par jour.

Contracture musculaire douloureuse : à court terme, 2 à 4 mg trois fois par jour pendant maximum une semaine, puis réévaluation.

Forme retard (MR) : une fois par jour, en commençant par 6 mg, augmentation possible à 12 ou 24 mg. Avaler la capsule retard entière, le contenu peut être dispersé dans un aliment mou.

Insuffisance rénale : pour un DFG inférieur à 25 ml par minute, diviser la dose de départ par deux, titration lente. Insuffisance hépatique : utilisation prudente en cas de fonction hépatique réduite, non recommandée en cas d'insuffisance grave en raison de la prolongation des concentrations et du risque d'hépatotoxicité.

Recommandations d'administration : la prise avec un repas augmente l'absorption. Éviter l'arrêt brutal car des phénomènes de rebond peuvent survenir avec hypertension artérielle, tachycardie et spasticité augmentée. Réduction progressive sur au moins une semaine.

Effets indésirables

Très fréquent : somnolence, somnolence, sécheresse buccale, vertige, hypotension, faiblesse.

Fréquent : obnubilation, nausées, troubles digestifs, bradycardie, troubles du sommeil, hallucinations notamment à doses plus élevées, faiblesse musculaire, céphalées.

Occasionnel à rare : augmentation des transaminases hépatiques jusqu'à hépatite aiguë, perte de conscience, réactions allergiques cutanées, troubles visuels, manifestations psychiques aiguës.

Cliniquement pertinent : hépatotoxicité, notamment à dose plus élevée et lors de thérapie prolongée. Un bilan des enzymes hépatiques avant le début du traitement et des contrôles réguliers au cours des six premiers mois sont recommandés. Les patients doivent être informés des signes d'alerte tels que fatigue inhabituelle, urine foncée, selles pâles ou ictère.

Phénomène d'arrêt : l'arrêt brutal peut entraîner hypertension de rebond, tachycardie et spasticité excessive, d'où la nécessité d'une réduction progressive.

Interactions

  • Inhibiteurs puissants de CYP1A2 tels que la fluvoxamine et la ciprofloxacine : augmentation extrême des concentrations de tizanidine avec hypotensions graves et sédation, contre-indiqués.
  • Autres inhibiteurs de CYP1A2 tels que la cimétidine, le vérapamil, l'atazanavir, la ticlopidine, les contraceptifs oraux : augmentation pertinente des concentrations, réduction de dose ou évitement pertinent.
  • Inducteurs de CYP1A2 tels que la rifampicine, la phénytoïne, la carbamazépine, la fumée de tabac : concentrations diminuées, perte d'efficacité possible.
  • Antihypertenseurs, diurétiques, antidépresseurs avec blocage alpha : hypotension additive et risque de syncope.
  • Alcool, benzodiazépines, substances Z, opioïdes : dépression centrale renforcée, dépression respiratoire possible.
  • Tricycliques, antipsychotiques : effet sédatif additif, notamment risque de chute chez les personnes âgées.
  • Méthotrexate : rapports isolés d'augmentation de la toxicité du MTX, prudence en cas de méthotrexate à dose plus élevée.

Recommandations particulières

Grossesse : données limitées. L'utilisation ne doit survenir que si le bénéfice pour la mère dépasse le risque. En cas de spasticité durant la grossesse, la physiothérapie et dans certains cas d'autres agents après consultation individuelle peuvent être envisagés. Allaitement : passage dans le lait maternel en faible quantité, l'allaitement sous traitement n'est généralement pas recommandé.

Enfants et adolescents : données limitées, utilisation uniquement dans des centres spécialisés.

Patients âgés : prudence en raison d'une hypotension marquée et du risque de chute, diviser la dose de départ par deux, titration lente.

Aptitude à la conduite : souvent réduite lors de la phase d'induction et lors de changements de dose. Même en état stable, certains patients peuvent ne pas être aptes à conduire, une évaluation individuelle est nécessaire.

Interventions chirurgicales et anesthésie : information préopératoire de l'équipe d'anesthésie, car les sédatifs et myorelaxants administrés en complément peuvent avoir un effet différent.

Mode de vie : la tizanidine complète mais ne remplace pas les mesures non médicamenteuses telles que la physiothérapie, l'appareillage, les stratégies cognitives et dans la sclérose en plaques les thérapies modificatrices de la maladie.

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Questions fréquemment posées

Quelle est la différence entre la tizanidine et le baclofène ?

Les deux diminuent le tonus musculaire, mais par des mécanismes différents. La tizanidine inhibe les signaux excitateurs au niveau de la moelle épinière via les récepteurs alpha 2, le baclofène active les récepteurs inhibiteurs GABA B. En pratique, la tizanidine entraîne souvent moins de perte de force musculaire, mais davantage de somnolence et de sécheresse buccale. Le choix de la substance dépend de la tolérance et du rythme quotidien.

Pourquoi ne puis-je pas prendre de ciprofloxacine sous tizanidine ?

La ciprofloxacine et la fluvoxamine inhibent très fortement l'enzyme CYP1A2. Les concentrations de tizanidine augmentent jusqu'à dix fois, ce qui peut entraîner une hypotension grave, une obnubilation et des chutes. Les deux combinaisons sont contre-indiquées. En cas d'infection, une antibiothérapie alternative est nécessaire.

Que faire si la tizanidine provoque une forte somnolence ?

La somnolence est l'effet indésirable le plus fréquent et dépend généralement de la dose. Une dose de départ plus faible, la prise principale le soir et une titration lente aident. Si la somnolence limite considérablement la vie quotidienne, une réévaluation est justifiée. Chez certains patients, une combinaison avec la physiothérapie et un autre myorelaxant est mieux tolérée.

Ai-je besoin de contrôles hépatiques sous tizanidine ?

Oui. La tizanidine peut augmenter les enzymes hépatiques et, dans de rares cas, provoquer une inflammation du foie. Un bilan avant le début du traitement et des contrôles réguliers au cours des six premiers mois sont pertinents. En cas de signes d'hépatotoxicité tels que nausées, urine foncée ou ictère, une consultation médicale immédiate est nécessaire.

Sources

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